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jeudi 20 octobre 2016

" Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde " (Bertholt Brecht -1941)


« Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »

Berthold Brecht


La bête immonde est une allégorie souvent utilisée pour désigner le nazisme, 
le fascisme, le racisme et l'antisémitisme, 
ou d'autres idéologies associées à l'extrême droite.




Politiques : Front National à la Manif du 16 Octobre 2016


Des religieux aussi




A propos de l'implication de L’Église Catholique dans ce mouvement,
un lecteur du blog nous a adressé cet excellent article
que nous publions ci-après

Merci à lui : promesse tenue.





Christianisme: 

Jésus n'est pas le pacifiste que vous croyez 

et sa religion est persécutrice


Henri Tincq sur Slate

Extraits :



Jésus n'était pas si pacifique

Rien n’est plus faux que de brosser le portrait de Jésus-Christ, fondateur du christianisme, comme celui d’un prophète non-violent, une sorte d’ancêtre de Gandhi ou de Martin Luther King. Rien n’est plus faux également d’affirmer que le Nouveau Testament (Évangile et premiers écrits chrétiens) est celui de la conversion au «Dieu d’amour», rompant ainsi avec l’Ancien Testament, les récits bibliques de guerre et d’extermination.
Par son arrestation, son procès et sa mort sur une croix –le supplice le plus cruel à l’époque–, Jésus a été victime d’une extrême violence. Mais il n’est pas un pacifiste bêlant, contrairement à ce que dit l’image d’Épinal. Il frappe, au contraire, par la virulence de son langage: 
«Je suis venu jeter le feu sur la terre» (Luc 12,49); 
«Je suis venu non pas pour apporter la paix, mais l’épée» (Matthieu 10,34). Jésus traite ses contemporains de «race de vipères» 
(Matthieu 12, 34), manie l’imprécation («Malheur à toi…»), chasse les marchands du temple de Jérusalem et les invective: 
«Ma maison sera une maison de prière,
mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits» (Luc 19,46).
Il rudoie son premier disciple, Pierre, qui fait de lui le «Messie» annoncé par les prophètes juifs, mais un Messie «triomphant», en prononçant le fameux «Vade retro Satanas (Derrière moi, Satan)» (Marc 8,33).
Jésus demande enfin à ses disciples de se munir d’une épée quand ils auront à témoigner de lui dans le monde.




Une religion persécutée devenue persécutrice

La religion chrétienne a été maintes fois persécutée dans son histoire: dans les trois premiers siècles de son expansion sous l’empire romain, jusqu’à sa reconnaissance par l’empereur Constantin (313). Et jusqu’aux«martyrs» de la Révolution française, des guerres civiles du Mexique (1920-1930) et d’Espagne (1936-1939), des dictatures d’extrême droite en Amérique latine et surtout des totalitarismes nazi et du communisme. Plus grave que les persécutions de Néron, des centaines de milliers de chrétiens orthodoxes –évêques, prêtres, moines, laïcs– ont trouvé la mort en URSS au lendemain de la révolution bolchevique, puis dans les goulags de Staline et de Khrouchtchev.

Mais comment expliquer que cette religion qui, de son héritage juif et de l’Évangile, tire le commandement d’amour du prochain et de sainteté de la vie compte tant de pages d‘ombre et de sang? En effet, cette religion qui prône l’égalité entre les races, les classes, les castes, les sexes «Il n’y a plus ni juif, ni grec; ni esclave, ni homme libre; ni homme, ni femme. Car vous êtes tous un en Jésus-Christ» (
épitre de Paul aux Galates) – a nourri la haine du juif, brûlé des hérétiques, servi des pouvoirs monstrueux, saccagé des villes, tué des hommes lors des croisades ou des conquêtes évangélisatrices et coloniales.

La religion persécutée est devenue…persécutrice


L’«antijudaïsme» s’est transmis de génération en génération, avec les phases aiguës des croisades et de l’Inquisition.
L’Inquisition, justement, avec ses conversions forcées,
ses procès sommaires et ses bûchers, ouvre un nouveau chapitre 
peu glorieux de son histoire.
Par sa procédure, son secret, par le pouvoir discrétionnaire de ses exécutants, l’Inquisition continue d‘obséder l’imagination jusqu’à aujourd’hui, par le climat de terreur qu’elle a pu créer en France, en Espagne, en Italie. Elle est devenue l’archétype de la violence religieuse, l’emblème effroyable d’une époque où l’Église condamnait à mort pour délits d’opinion, de mœurs et de religion.




La mémoire chrétienne hérite aussi d’une idéologie de «guerre sainte». Il a fallu près de mille ans pour passer du «pacifisme», originel et relatif, de Jésus dans l’Évangile au concept chrétien majeur  de «guerre juste», défini à la suite de Saint-Augustin

et de Thomas d’Aquin. La guerre est«juste» quand

elle vise à défendre un pays, à récupérer des terres

et des biens. Ainsi, c’est au cri de «Dieu le veut» 

que les premiers croisés de l’Occident latin se lancent à l‘assaut des lieux saints chrétiens de Jérusalem profanés par les «infidèles».

Contre l'hérésie et la démocratie




Après le fracas des armes, des excommunications et des anathèmes, 

il faudrait encore évoquer  
la longue lutte contre toute forme de «modernité» menée, 
après les Révolutions en Europe, par une Église romaine obscurantiste. Elle est illustrée par la violence des déclarations de guerres contre les idées libérales et sociales, contre les développements de la science, 
des Lumières, de la liberté et de la démocratie. 
En 1864, le pape Pie IX condamne
 les «monstrueuses erreurs de la société moderne»
la liberté de presse et d’opinion, le rationalisme, 
le scientisme, le libéralisme, le socialisme!


Les Descartes, Spinoza, Diderot, Voltaire, qui en appelaient à la raison critique pour juger des Écritures Saintes, sont vilipendés. Les exégètes, dits«modernistes», protestants et catholiques qui, en partant de l’histoire archéologique et de la critique des textes, remettent en cause la «vérité»des sources anciennes (Bible) et de la foi prêchée,
 sont excommuniés.

Il faudra attendre le XXe siècle et le concile Vatican II, dans les années 1960, pour que notamment l’Église catholique, infaillible et«intransigeante»,
se montre plus tolérante, se rapproche des protestants, des orthodoxes, des juifs, des musulmans, 
se rallie aux droits de l’homme et à la démocratie.



 
Au tournant de l’an 2000,  
le pape Jean-Paul II a demandé pardon pour les crimes commis dans l’histoire du christianisme:
 antijudaïsme, croisades, inquisition, guerre de religion. 
Les protestants et orthodoxes ont aussi fait «repentance» pour la violence qui a marqué certaines étapes de leur histoire.



Mais des mouvements radicaux du protestantisme 
et du catholicisme rêvent d’une restauration 
d’un ordre ancien où l’Église régentait les mœurs, d’une «nouvelle chrétienté» conçue comme une «citadelle», une contre-société libérale et permissive et mènent des entreprises de «reconquête» de pouvoir et d’influence, dans le monde politique, dans les écoles, les universités, les corps d’État ou les affaires.


Sans la surestimer, une certaine «intransigeance» chrétienne renaît donc, qui n’est pas exempte de violence au moins verbale, et qui s’éloigne à nouveau inexorablement du message central de Jésus-Christ:


«Heureux les doux et les hommes de paix».


====ooooo====

Nous y voilà : l "intransigeance" de la Manif pour tous...
qui se voudrait chrétienne !



Rappelez-vous la Controverse de Valladolid

Résumé



En 1550 Bartolomé De Las Casas, Sépulvéda, le légat du Pape 
et le Supérieur organise un débat dans un couvent espagnol 
où on avait aménagé une petite salle. 
Ce couvent se trouve dans la ville de Valladolid. 
Ils se retrouvent pour délibérer sur un sujet de la plus haute importance :
·        Les Indiens ont-ils une âme ?
·        Sont-ils des enfants de Dieu ?
Sépulvéda est persuadé que les Indiens sont des indigènes, 
qu'ils n'ont pas d'âme et qu'ils sont nés pour l'esclavage :

“Ils sont d'une autre catégorie, nés pour servir et être dominés.”.

Frère Bartolomé De Las Casas lui est persuadé du contraire.Il pense que les Indiens ont une âme et qu'ils sont comme les espagnols des enfants de Dieu
 “Ils sont mes frères et je me reconnais en eux.”.





Aujourd'hui le sujet controversé n'a pas changé.
Celui de la Manif pour tous pourrait s'intituler :

"La controverse paranoïde"


Elle vise essentiellement, les populations "différentes" 

(les gays : les "indiens" de notre époque ?...).
"Doit-on leur accorder les mêmes droits que les autres" ?

 

L'Église, à travers ses représentants, s'emploie à semer 

le trouble et la confusion 
au lieu de chercher l'apaisement et la ...Vérité.


Il se permet de donner des leçons au monde politique !
C'est indigne d'utiliser les victimes du terrorisme pour raviver la haine
contre les LGBT !
De plus, en ce qui concerne la déviance des mœurs,
l’Église n'est pas que croyante ...elle est aussi pratiquante !


Pas un dénigrement mais une réalité , hélas !
La preuve : lire l'article ci-dessous


Hérault : briser le tabou de la pédophilie dans l’Église










La belle réponse d'un internaute à un prêtre obscurantiste !





Ils ne semblent guère révoltés par la manipulation des enfants,
dans les manifs pour tous ?
















Un espoir, peut-être ?




.... un espoir encore :
la belle-sœur de la présidente de la Manif pour tous...  

se dit "répugnée " !






Pourtant la tolérance religieuse existe... ailleurs .

Un exemple à suivre (et à méditer) pour les catholiques.











Conclusion:





...et juste un (petit) trait d'humour pour finir







Bonne journée, Laurens.

1 commentaire:

  1. Bonjour Anna
    Très bon article sur les "erreurs" de l' Église : j'ai lu avec attention.
    Imaginez tout de meme que 5% des enfants de ces manifestants (c'est statistique) se révèleront homosexuels . Quelle douleur pour eux d'avoir des parents qui les condamnent !
    Si au moins ils pouvaient réfléchir un peu ces culs-bénits ... mais là il faudrait avoir un cerveau...et un coeur. Et ils disent protéger les enfants !
    A bientôt Anna.

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